« La Batellerie » / Merville / 2017


Année : concours 2017
Maîtrise d'Ouvrage : Maison Flamande
Maîtrise d’Œuvre : Hornoy Architectes (mandataire) + Legrand Architecte + Strate bet + Altern + Ghesquière
Surface : 4 190 m² de SH
Montant des travaux : 5 375 000 € HT
Qualité environnementale : NF Habitat HQE

D‘un point de vue urbain il nous semble erroné de considérer l’îlot du seul point de vue de la continuité urbaine qu’il serait censé assurer en bordure de voie. Deux réalités physiques appuient cette idée. La profondeur des îlots tout d’abord nous oblige à envisager l’implantation des bâtiments au regard des perspectives, des profondeurs de champs et l’épaisseur qu’ils peuvent mettre en scène : ainsi un dialogue s’instaure non pas uniquement entre la rue et la façade, mais bien entre la rue et l’îlot dans la multiplicité de ces composants. L’idée n’est pas tant de créer de l’urbain que de l’urbanité, c’est à dire des lieux qui se répondent et dialoguent au-delà d’un simple vis à vis. Les différentes échelles du regard pour aborder le projet suivent cette même logique.
Les îlots se découvrent suivant des échelles de lecture différentes qu’on les aborde en voiture depuis la rue, ou paisiblement à la vitesse de la marche des piétons qui emprunteront le trottoir ou les voies sur berges. Il s’agit dès lors plus de mettre en scène des séquences, qu’un fond de scène qui donnerait à voir sa façade « avant » et sa façade « arrière » selon le point de vue par lequel on l’aborde.
Pour répondre à ces intentions les bâtiments s’implantent en quinconce aux angles de chacun des îlots. En venant épouser le profil des limites ils structurent l’îlot en déterminant un « volume intérieur », un espace à vivre qui s’ouvre et dialogue aussi bien avec la ville existante, qu’avec le futur parcours en bord de cours d’eau mais aussi entre les bâtiments eux-mêmes.
L’implantation en quinconce est l’occasion de ménager un recul de certains bâtiments vis-à-vis du rang de maisons lui faisant face. De fait, les voisins profiteront aussi de ces espaces dégagés. Le rapport d’échelle entre les maisons existantes et les immeubles collectifs devient possible et sans désagrément.
Les espaces laissés libres sur les parcelles répondent à un principe d’aménagement simple : ceux donnant sur la route d’Estaires sont réservés au stationnement des véhicules, et ceux donnant sur le Lys sont réservés, autant que possible, aux espaces verts qui sont, de fait, préservés des désagréments de la voiture.